Mon témoignage

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Je m’appelle Maëva, j’ai 22 ans, je suis actuellement assistante d’éducation dans un collège. A 15 ans, lors de mon entrée au lycée, j’ai fait une phobie scolaire, j’explique mon parcours en détail dans les lignes qui suivent.

Aujourd’hui, JE SUIS GUÉRIE !

J’avais envie de faire ce blog pour partager mon expérience qui je l’espère vous redonnera espoir si vous vivez actuellement cette situation. Je sais à quel point c’est difficile, autant pour l’ado/enfant que pour les parents. On ne voit aucune solution, et pourtant je suis la preuve vivante qu’on peut sortir de là.

Bonne lecture !

 

Et pour ceux qui préfèrent, vous pouvez écouter mon témoignage en cliquant –> ICI


 

 

Ma phobie scolaire s’est déclarée un mois après ma rentrée en classe de Seconde, j’avais 15 ans. Un matin, je me suis réveillée avec la boule au ventre et l’envie de vomir en pensant que j’étais simplement malade, et puis ça a continué comme ça pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que je m’aperçoive que mon envie de vomir disparaissait dès que je savais que je n’allais pas au lycée de la journée. Je ne comprenais pas, du jour au lendemain j’étais devenue comme malade rien qu’à l’idée de penser au lycée. Pourtant il ne s’était rien passé pour que je me sente comme ça. Je n’avais pas de problème avec mes camarades, j’avais des copines et j’étais plutôt bonne élève. Mais prendre le car pour aller au lycée, entrer dans une salle de classe, tout ça me terrorisait subitement sans que je sache pourquoi. A l’époque je ne savais pas vraiment de quoi j’avais peur, aujourd’hui je sais que je manquais terriblement de confiance en moi et que je me sentais inférieure aux autres filles de mon âge. Je faisais de grosses crises d’angoisse qui m’empêchaient de continuer à vivre comme je l’avais toujours fait, je me sentais oppressée et comme tiraillée de l’intérieur entre l’envie d’aller en cours et la peur qui me bouffait. Parfois, j’essayais de me raisonner, et dans des moments de lucidité je réalisais que ma peur était complètement absurde, alors je me disais : « Aller demain j’y vais ! » et j’étais motivée. Mais un quart de seconde plus tard, l’angoisse reprenait le dessus et je m’en sentais incapable. C’était comme si ça me demandait un effort au-delà de mes forces. Ma vie était devenue un enfer. Le pire c’était que je faisais souffrir les gens autour de moi indépendamment de ma volonté : mes parents, mon frère et ma famille proche ne comprenaient pas ce que j’avais. Souvent, je me réfugiais chez ma grand-mère paternelle qui habitait à côté du lycée, chez elle je me sentais bien. Ma grand-mère est chrétienne, elle croit que Jésus est vivant et qu’il est capable de changer nos vie. Un jour, alors que j’étais chez elle, elle m’a proposé de prier pour demander à Dieu de m’aider à retourner à l’école. Je lui ai dis oui pour lui faire plaisir mais je n’en avais pas envie, j’avais trop peur de devoir à nouveau affronter le regard des autres, je ne m’en sentais pas capable et en plus, j’avais honte de l’admettre. La prière qu’elle a faite n’est pas montée plus haut que le plafond, je pense même qu’elle m’est retombée sur la tête. 

J’avais donc entendu parler de Jésus par ma grand-mère mais aussi par mon papa. Je ne sais pas pourquoi mais je me souviens très bien de la Bible qu’il m’avait offerte quand j’avais 8 ans. J’étais dans ma chambre et il m’avait dit : « Maëva, viens voir. Tiens c’est pour toi. » Peut-être que je me souviens de ça parce que c’était un cadeau fait sans occasion particulière. Et puis je me souviens aussi que j’étais déjà une petite fille très angoissée, tous les soirs au moment d’aller me coucher, je pleurais et je n’arrivais pas à dormir parce que j’avais peur des sorcières. A l’école maternelle on nous racontait toujours cette même histoire avec une sorcière, et quand c’était le moment de dormir je revoyais les dessins de la sorcière, du chaudron, et dans mon imagination de petite fille ça me terrifiait. Un soir, mon papa en a eu marre, il s’est assit sur mon lit, m’a prise dans ses bras, a posé sa main sur ma tête et a prié. Depuis ce jour je n’ai plus jamais eu peur de la fameuse sorcière. A l’adolescence j’ai vécu comme les ados, je priais de temps en temps parce que je croyais en Dieu, un peu comme tout le monde, mais pour moi, Dieu c’était le monsieur barbu sur son nuage qui nous regardait sans rien faire.

Mon année de seconde a été catastrophique, j’ai dû faire des cours par correspondance pendant deux mois puisque j’étais incapable d’aller au lycée et que l’enseignement est obligatoire jusqu’à 16 ans, puis progressivement, j’ai réussi à reprendre les cours, matière par matière, en suppliant mon Dieu lointain de m’aider. Vers la fin de l’année j’avais presque repris les cours normalement, même si ça restait encore difficile. Puis il y a eu les vacances d’été, tout allait bien, je n’étais plus préoccupée par le lycée et j’étais redevenue la Maëva que tout le monde connaissait. J’avais même l’impression que la petite bête était partie. La petite bête, c’est comme ça que je pourrais appeler l’angoisse. J’avais l’impression d’avoir une petite bête dans mon corps qui prenait les commandes, qui contrôlait tout et me rendait incapable d’agir comme je le voulais. A trois semaines de la rentrée des classes, j’ai recommencé à mal dormir. J’avais de nouveau mal au ventre en pensant au lycée et je ne pouvais pas m’empêcher de sangloter de trouille. Quand mes parents me demandaient ce qui me mettait dans cet état-là, j’étais incapable de l’expliquer. Le jour de la rentrée je n’ai même pas pu monter dans la voiture. Mes parents m’ont tiré de force puis ont essayé de me raisonner, ils se sont vraiment fâchés puis ont essayé de me rassurer, mais rien n’y a fait. Ils étaient désespérés. J’avais tellement peur que c’était comme si mon instinct de survie prenait le dessus, je me débattais comme une sauvage pour fuir. Ma mère m’a dit un jour :

 

« Il y a deux Maëva, celle à la maison toute joyeuse et celle qui doit aller à l’école. »

 

Ça résumait entièrement la situation. La Maëva toute joyeuse, c’était celle que j’étais vraiment et que tout le monde connaissait, et la Maëva qui devait aller à l’école était contrôlée par l’angoisse. Cette Maëva-là, peu de gens l’ont réellement connue, mais ceux qui l’ont vue savent qu’elle ne faisait pas semblant. Tant que je ne devais pas aller en cours, tout allait bien, mais dès qu’on me parlait du lycée, je changeais du tout au tout. J’avais redoublé ma seconde et je n’avais pas pu faire ma rentrée des classes, voilà où j’en étais. J’ai passé l’année entière à faire des cours par correspondance, c’était la seule solution que nous avions trouvée. J’étais de nouveau seule chez moi, mes copines du lycée avaient cessé de prendre de mes nouvelles. En même temps je ne leur donnais jamais de réponse satisfaisante à leur question : « Pourquoi tu n’es pas là ? » et je ne voyais pas comment me sortir de là. C’était comme si j’avais un cancer (ma phobie scolaire) et que les médicaments (les cours par correspondances) apaisaient ma douleur (mon angoisse). Et tout comme les anti-douleurs ne guérissent pas un cancer et qu’il continue de gagner du terrain même si on ne sent plus la douleur, ma phobie scolaire même si je ne l’a sentait plus, continuait de me grignoter. Durant cette période je suis allée consulter un psy. La première fois que je l’ai rencontré, il m’a dit :

 

« Vous savez Maëva, les gens comme vous si on ne les hospitalise pas, ils restent seuls chez eux dans le noir et ils ne sortent plus. »

 

Sur le moment j’ai rigolé en me disant qu’il racontait n’importe quoi. Pourtant il venait de toucher un point sensible. C’était ce qu’il m’attendait si je ne faisais rien pour changer les choses. J’étais déjà seule chez moi à ne plus sortir, le noir n’était plus très loin ! J’ai eu tellement peur que ça puisse m’arriver que aussi contradictoire que cela puisse paraître, pendant trois mois j’ai été deux fois plus angoissée jusqu’à faire une phobie sociale. Rien que le fait de sortir de chez moi, d’aller faire les magasins, était devenu aussi angoissant qu’aller au lycée.

Un après-midi où je m’étais endormie, une de mes tantes est entrée dans ma chambre, elle s’est assise sur mon lit et avec la voix tremblante, elle m’a dit:

 

« Maëva, il faut que je te dise quelque chose. »

 

J’étais toute endormie, je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait. J’ai commencé à m’imaginer n’importe quoi, jamais ma tante ne m’avait parlé sur un ton aussi sérieux, au début j’ai cru qu’il était arrivé quelque chose de grave à mes cousins. Elle m’a dit :

« Tu sais que je prends des anti-dépresseurs. Cette nuit j’ai eu des effets secondaires, je n’ai fait que vomir et j’avais une sensation de froid qui entrait dans mon corps, comme si j’allais mourir. J’ai vraiment eu peur et j’ai prié toute la nuit pour que je puisse arrêter ces médicaments. Au bout d’un moment, c’est toi que j’ai vu. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai compris qu’il fallait que je vienne te parler. Maëva, il faut que tu demandes de l’aide à Dieu, il faut que tu pries et tu vas t’en sortir. » 

J’étais toute retournée, déjà parce que c’était la première fois que ma tante me parlait de quelque chose d’aussi sérieux et aussi parce qu’elle n’était pas chrétienne et qu’elle venait de me parler de Dieu de cette façon. C’est bien plus tard que j’ai appris les mots exacts que Dieu lui avait dit alors qu’il lui montrait mon visage : « C’est le Seigneur qui l’a sauvera. » Cette discussion m’a marqué et j’y ai pensé pendant longtemps sans vraiment me rendre compte que c’était un premier signe que Dieu m’envoyait, comme pour me dire Tu vois, je ne suis pas si loin que ça. J’ai passé l’année 2010 à la maison à faire ces cours par correspondance puisqu’il était inconcevable pour moi d’être hospitalisée.

 

Quand j’entendais ce mot je m’imaginais couchée dans un lit, intubée de partout, et je ne comprenais pas pourquoi on me parlait de ça, je n’étais pas malade !

 

Et puis j’avais surtout très peur de dormir ailleurs que chez moi, loin de mes parents. A la fin de l’année, je n’en pouvais plus d’être seule, de ne plus sortir, ma vie ne rimait plus à rien. A force d’entendre parler d’hospitalisation, et après m’avoir expliqué en quoi ça consistait (enfin!), j’ai compris que les lits servaient seulement à dormir et que personne ne voulait m’intuber. A contre-cœur et surtout parce que je n’avais aucune autre solution, j’ai dû accepter d’être hospitalisée. C’était dans une structure appelée « Soins-Études » à Grenoble où l’on peut continuer son parcours scolaire normalement tout en étant suivi par un personnel médical. Mais le service « Hôpital de semaine » que je devais intégrer faisait partie du « Pôle psychiatrie ». Comme beaucoup de gens, je pensais que c’était les fous qu’on mettait en psychiatrie… et moi, je n’étais pas folle ! 

Pourtant je ne savais plus quoi faire pour m’en sortir. Il a fallu que je me fasse à l’idée qu’une hospitalisation pourrait me faire du bien, et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à faire des cauchemars. Ou plutôt un cauchemar, toujours le même : je suis couchée dans mon lit, c’est la nuit et je dors. Soudain, sortant de nul part, des mains veulent m’attraper et m’empêchent de bouger. L’atmosphère est tellement angoissante que j’essaye de crier dans mon sommeil mais dans la réalité ça donne juste un cri étouffé hyper angoissant. Comme je m’entends crier, j’angoisse encore plus, alors j’essaye de crier plus fort, et comme je crie plus fort, j’angoisse encore plus… Ma mère était obligée de me secouer pour me réveiller sinon c’était un cercle vicieux. Et même quand elle avait réussi à me réveiller, je mettais bien quelques minutes à revenir dans la réalité. La première fois que j’ai fait ce cauchemar, j’étais tellement traumatisée que j’ai passé la matinée assise sur mon canapé, le regard dans le vide. J’avais peur de retourner me coucher et que ça recommence. Jamais je n’avais fait de cauchemars aussi angoissants, même quand j’étais petite. Ce cauchemar a continué pendant mon hospitalisation.

J’ai été admise à la clinique du Grésivaudan en juin 2011. Le premier jour a été sans exagération un des pires jours de ma vie. Le matin, en bouclant ma valise, je me demandais encore si j’allais arriver à me rendre jusque là-bas, à 100km de chez moi, dans un environnement que je ne connaissais pas, avec des gens que je ne connaissais pas. Je n’étais jamais partie loin de la maison, n’avais jamais dormi ailleurs que chez moi sans mes parents, et les nuits chez les copines se comptaient sur les doigts d’une seule main. J’éprouvais quelque chose de très contradictoire : ma raison savait que j’avais pris la bonne décision mais c’était comme si la petite bête n’était pas d’accord avec ça. Quand mes parents sont partis après m’avoir aidé à m’installer dans ma chambre, je me suis sentie abandonnée, incomprise et terriblement seule dans ce ma situation. Je me sentais si mal que j’aurais préféré mourir à ce moment-là plutôt que d’affronter une réalité trop dure pour moi. Exactement comme quand je faisais des crises d’angoisse. Souvent elles commençaient par une sorte de boule sur mon estomac, comme une boule de poison, puis c’était comme si ce poison se diffusait dans tout mon corps jusqu’à me faire perdre la raison ; je n’étais plus capable de réfléchir raisonnablement. J’avais mal au ventre avec comme une sensation d’inconfort à l’intérieur de moi, sans pouvoir expliquer précisément ce que c’était. Dans ces moments-là j’étais au plus mal et là aussi, j’aurais préféré mourir plutôt que de ressentir ça. Je me sentais déchirée de l’intérieur : je savais qu’il fallait que je fasse cette hospitalisation, c’était la seule façon de commencer à m’en sortir mais l’angoisse m’incitait à rentrer à la maison. A mon plus grand étonnement, je me suis adaptée dès le premier jour et j’ai passé une très bonne nuit ! J’avais rencontré des jeunes super sympas qui me comprenaient et qui n’étaient pas fous du tout. Certains vivaient la même chose que moi, d’autres vivaient encore autre chose, mais j’y avais trouvé une deuxième famille, et au final je n’avais plus envie de rentrer à la maison. J’avais retrouvé une vie sociale, des amis, j’avais l’impression de remonter doucement la pente. 

La première année a été un formidable tremplin. Les classes d’une quinzaine d’élèves étaient bien plus rassurantes pour moi même si j’avais encore du mal avec le regard des gens. Là, les profs étaient sensibilisés à nos difficultés et je savais que je pouvais sortir de la salle si j’en avais besoin, sans être jugée puisque mes camarades vivaient la même chose. Mais la deuxième année a été un vrai cauchemar. J’assistais à tous mes cours sans trop d’angoisse, mais j’avais tout un tas de peurs qui étaient apparues : j’avais peur de prendre le car pour rentrer à la maison, peur d’aller manger chez des gens, peur d’être malade, peur de vomir. Un peu tout et n’importe quoi, des peurs que je n’avais pas avant. Je ne comprenais plus rien : c’était pour une phobie scolaire que j’étais ici et je me retrouvais avec une montagne de peurs en plus. Tout était devenu compliqué, même le quotidien : un rdv, un examen en cours. Je voyais chaque petite chose du quotidien comme une barrière à franchir et tant que la chose en question n’était pas passée j’étais incapable de voir plus loin dans ma journée. Je me souviens qu’à cette période je répétais tout le temps que j’étais fatiguée. Ce n’était pas une fatigue physique, mais une fatigue morale. J’avais 16 ans et l’impression d’avoir vécu plus de 100 ans.

 

J’étais fatiguée de vivre, je n’en pouvais plus de me battre contre mes angoisses. 

 

Un soir à la clinique, j’ai fait une grosse crise, tellement forte que j’étais prête à tout pour que ça s’arrête, même à m’assommer si ça avait pu changer quelque chose. J’étais tellement mal que j’ai voulu prendre un anxiolytique alors que j’étais totalement contre les médicaments de ce genre. Je m’en étais sortie jusqu’à maintenant sans en prendre et je ne voulais pas être dépendante d’un médicament (et puis j’avais surtout très peur que ça me shoote au point d’être un zombi, ce que j’avais souvent vu chez d’autres jeunes autour de moi). Sauf que cette fois, l’angoisse était si forte que j’étais prête à absolument tout pour ne plus rien ressentir. J’ai téléphoné à ma mère qui avait l’habitude de me rassurer, en général elle avait toujours les mots pour m’apaiser mais ça faisait un petit moment que même elle ne pouvait plus rien faire. Quand on a raccroché, je ne me sentais toujours pas mieux, j’avais toujours cette sensation désagréable de boule qui me pesait sur l’estomac et cette impression d’être comme déconnectée de la réalité avec ce mal-être intérieur. J’avais l’impression de devenir folle, je voulais que ça s’arrête. Mais d’un coup, sans savoir pourquoi, j’ai senti cette boule sur mon estomac devenir légère, remonter le long de ma gorge puis là… c’était comme si… pouf! elle s’évaporait. L’angoisse était sortie, partie ! Tout était redevenu normal, je n’étais plus angoissée… Je ne comprenais rien… Et là, il y a eu une petite voix au fond de moi qui m’a dit : « Ton papa vient de prier pour toi, pour faire partir cette angoisse. » Je lui ai immédiatement envoyé un SMS pour lui demander s’il avait prié pour moi, là, à l’instant, ou si je délirais complètement. Il m’a répondu : « Oui, pourquoi ? » J’étais abasourdie. Je venais de le sentir. Comment est-ce que c’était possible ? En quelques secondes, tout a été remis en question. L’idée que je me faisais de Dieu, la vision même que j’avais de la vie, tout. Le Dieu lointain en lequel je croyais vaguement était peut-être plus réel et plus proche de moi que ce que j’avais pu penser.

Quelques temps plus tard j’étais devenue vraiment fatiguée de tout ça, des angoisses et des médicaments qui la faisait passer en surface. Les médicaments étaient comme un couvercle mis sur l’angoisse mais ils ne l’enlevaient pas, elle était toujours là, quelque part, prête à resurgir quand les médicaments ne feraient plus leur effet. Ça faisait trois ans que je vivais en fonction de mon angoisse, que je me privais de voyages, de sorties, et de tout un tas de choses parce que j’avais peur d’être angoissée. J’avais peur d’avoir peur. Et puis les médecins me répétaient sans cesse qu’il fallait que j’apprenne à vivre avec maintenant, que l’angoisse c’était à vie ! Mais je ne voulais pas de cette vie-là. J’avais vécu sans elle, jusqu’à ce qu’elle fasse irruption dans ma vie sans me demander quoi que ce soit, je ne voulais pas être enchaînée à cette petite bête jusqu’à la fin de mes jours. Alors un soir, j’ai ouvert le Nouveau Testament qui était posé au dessus de mon lit. Mon père me l’avait donné en me disant qu’un jour, je trouverai le temps de le lire. Et c’est ce que j’ai fait. Chaque soir je lisais un peu, par curiosité, puis j’ai enfin compris ce dont j’avais entendu parler par ma grand-mère et mon papa. Dieu s’était fait homme en la personne de Jésus-Christ pour subir à notre place, la mort que nous méritions à cause de tout le mal que nous avons commis dans notre vie. Jésus est entré petit à petit dans ma vie, parce que je lisais la Bible, que je m’intéressais à lui, et c’est comme ça que j’ai commencé à avoir la foi. J’ai fini par réaliser que j’avais un choix à faire : continuer de m’enfoncer toujours plus dans la vie que je menais, ou me repentir et commencer une nouvelle vie avec Dieu. J’ai choisi la deuxième option. Un jour, à genoux dans ma chambre, j’ai dit à Dieu :

« Jésus, je te donne ma vie. Pardonne-moi tout le mal que j’ai commis et aide-moi à vivre une vie qui te plaît. Je veux arrêter de faire toutes ces choses que tu n’aimes pas. Délivre-moi de mes peurs, guéris-moi et donne-moi un nouveau départ. »

Cette simple prière a changé ma vie. Pas parce que c’est une formule magique, mais parce que j’avais réalisé que j’étais séparée de Dieu à cause de mes péchés, que c’était en parti pour ça que j’étais constamment angoissée, et que je devais me réconcilier avec lui. C’est pour cette raison que je me suis repentie. Je posais beaucoup de questions à mon papa qui prenait le temps de m’expliquer, et dorénavant, j’avais l’autorité de Jésus pour chasser l’angoisse en son nom. Au cours de l’année, j’ai passé mon permis puis mon bac, sans angoisses, alors que j’avais toujours cru que cela me serait impossible. Et je ne faisais plus de cauchemars non plus ! Un matin, je me suis réveillée dans ma chambre à la clinique et en regardant le soleil à travers la fenêtre et je me suis fait cette réflexion : « Je me sens bien ». Ce n’était pas un sentiment que je ressentais sur le moment, mais c’était comme un état d’esprit qui me suivait depuis quelques temps. JE ME SENS BIEN. Voilà une phrase que je n’avais pas dite ni pensée depuis longtemps. Après deux ans, j’ai mis un terme à mon hospitalisation et je suis sortie de cette clinique pour m’installer en collocation avec une copine. Moi qui avait beaucoup de mal à me séparer de mes parents, j’étais capable de vivre loin d’eux. Je me suis inscrite à la fac et il y a eu la rentrée avec un stress normal, chose que je ne connaissais plus. J’avais l’impression de tout recommencer à zéro et de tout réapprendre. Chaque jour, je priais Dieu et je savais qu’il était avec moi, je le voyais agir. Un jour, dans le cadre de mes cours, j’ai dû faire un exposé devant 50 personnes à la fac… Je ne pensais pas en être capable mais je n’avais pas le choix, je ne pouvais pas laisser tomber mes camarades et je le prenais comme un défi. Alors j’ai demandé à Dieu la force de pouvoir le faire, et pour que je n’ai ni stress, ni angoisse. Le matin de cet exposé, je me suis réveillée aussi sereine que n’importe quel autre jour, j’ai pris mon petit-déjeuner alors que j’en aurais été incapable si j’avais été angoissée, puis je suis allée en cours. Dans la salle, mes camarades étaient tous stressés et c’est moi qui les rassurais, le monde à l’envers ! Je n’avais ni stress, ni angoisse, ni appréhension. Je savais que c’était Dieu qui me donnait cette capacité, parce que je sentais quelque chose qui m’enveloppait, c’était une sensation physique. C’était à la fois indescriptible mais bien réel, je sentais Dieu à côté de moi ! J’ai fait mon exposé tranquillement, comme j’aurais fait n’importe quoi d’autre. J’avais la paix, moi qui avant étais angoissée de tout. Quatre ans en arrière, je n’arrivais plus à être dans une salle de classe parce que le regard des gens m’angoissait, alors de là à prendre la parole pour que tout le monde me regarde…! A présent, chaque matin j’allais à la fac, sereine, je savais que je n’étais plus seule et que Jésus m’accompagnait.

Un après-midi, nous étions chez moi avec de la famille et des amis et un de mes oncles qui était là a dit une phrase qui m’a marqué : « Lorsqu’on accepte Jésus-Christ comme son Sauveur, il faut le faire avec son cœur mais il faut aussi en parler autour de soi. » Cela ne doit pas être un secret. J’avais demandé à Jésus d’entrer dans ma vie lorsque j’étais à la clinique mais je ne parlais pas de lui comme mon Sauveur et je ne racontais pas non plus ce qu’il avait fait pour moi. Pourtant j’en avais des choses à raconter ! J’avais été hospitalisée deux ans en psychiatrie à cause de crises d’angoisses qui me bouffaient la vie, je pensais ne jamais m’en sortir et j’avais pourtant retrouvé une vie normale, bien plus, j’avais trouvé une paix que je n’avais jamais connue. Ce qui n’était pas le cas de la plupart de mes amis rencontrés là-bas, certains étaient sortis mais continuaient à se battre avec leurs angoisses, les autres étaient toujours hospitalisés. Moi je pouvais dire : Jésus existe vraiment, la preuve, il m’a guérie ! Ce jour-là, j’ai dit à Dieu de tout mon cœur :

« Jésus, je veux parler de toi comme mon Sauveur, viens diriger ma vie et je veux raconter à tout le monde ce que tu as fait pour moi. »

J’ai senti tout son amour envahir mon cœur et j’en ai pleuré de joie. Depuis ce jour, c’est ce que je fais, je raconte à tout le monde ce que Jésus a fait pour moi. Il y a tellement de gens qui souffrent et qui ont besoin de connaître Jésus. Le chemin a été long, mais aujourd’hui je peux dire que JÉSUS M’A GUÉRIE ! Je n’ai plus d’angoisses, je ne fais plus de cauchemars, je suis pardonnée de tout le mal que j’ai commis et Jésus m’aime. Je suis libre, je vis une nouvelle vie !

 

« Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28:20)

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » (Jean 14:27)

 

Je pensais que je ne pourrais jamais vivre sans angoisses, que j’allais devoir apprendre à vivre avec. C’est ce que me répétaient les médecins, et je les croyais. Mais ce n’est pas vrai. Si vous êtes dans la même situation que celle que j’ai vécu et que des professionnels de la santé vous disent qu’il faut apprendre à vivre avec vos angoisses, ne les croyez pas, vous n’en êtes pas obligés. Non seulement Jésus PEUT, mais Jésus VEUT vous libérer. Jésus est vivant, il guérit, il délivre encore aujourd’hui et il fait toujours des miracles (j’en ai vu de mes propres yeux !)

Aujourd’hui tout a changé pour moi, quand je raconte ce que j’ai vécu j’ai l’impression de parler de quelqu’un d’autre. Jésus m’a totalement transformée, bien plus, il m’a donné une nouvelle vie, c’est comme si j’avais tout recommencé à zéro. Moi qui me sentais fatiguée de vivre, j’ai cette impression d’être toute neuve à l’intérieur. Je suis en paix et remplie de joie ! Et même quand je vis des situations difficiles, je n’ai plus peur parce que j’ai fait de Jésus le Maître de ma vie.

Le 25 mai 2014, je me suis faite baptiser. Ce jour-là j’ai raconté mon histoire devant 500 personnes et c’était le début d’une looooongue série. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai raconté mon témoignage plus d’une vingtaine de fois devant des assemblées plus ou moins grande, un peu partout en France et en Suisse dans le cadre du programme RESKP.

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Ce que Jésus a fait pour moi, il veut aussi le faire pour toi. 

 

« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature; les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles. » (2 Corinthiens 5:17)

 


__CONTACT


 

 

18 réflexions sur “Mon témoignage

  1. Merci pour ton témoignage. J’en pleure. Je suis maman d’un petit garçon de 10ans qui est en pleine phobie scolaire. Nous sommes croyants et nous croyons au miracle de la Foi. Ton témoignage me conforte encore plus dans cette optique et je suis certaine que c’est Dieu qui m’a conduite vers ton blog. Il est 3h du matin chez nous, je n’arrivais pas a me rendormir car mon fils était très agité dans son sommeil et je criais a Dieu pour qu’Il l’apaise. J’ai envoyé des cantiques et en meme temps je suis tombée sur ton blog. Mon fils s’est calmé et dort paisiblement. Je souhaiterais correspondre avec toi si tu le veux bien. Encore merci pour ce témoignage miraculeux et que Dieu te bénisse.

  2. Ton témoignage est très bien écrit, authentique et émouvant, et j’ai pris du plaisir à le lire. Dieu guérit, libère et délivre et nous avons notre part des choses à faire, Il attend qu’on crie à Lui comme tu as su le faire. Sois bénie.

  3. Très beau témoignage, une belle preuve que rien n’est figée dans la vie, ce que l’on est à un instant présent n’est pas forcément ce que l’on sera à un autre futur, on peut tous changer, progresser, évoluer. C’est un partage positif qui redonne du baume au coeur, merci!

  4. Je t’avouerais que j’ai arrêté ma lecture dès que ça a commencé à parler de Dieu (car je suis athée). Mais ton témoignage est poignant et le fait de voir une adolescente dans une situation semblable à la mienne me fait beaucoup de bien, je te souhaite plein de bonheur

  5. Wow wow wow !
    Témoignage très fort, j’ai vraiment prit du plaisir à te lire ! Dieu est tellement bon, tellement fort et puissant ! Il est partout, il est pour nous et il vit en nous. Sa paix est unique, son amour incroyable !
    Je n’ai jamais connu de crises d’angoisses, de phobie scolaire comme toi, (je connais vaguement, deux amies à moi ont la phobie scolaire) mais j’ai su comprendre de mon niveau les épreuves et vraiment, je te dis bravo ! Dieu était là depuis toujours, tu as su l’appeler, tu as su t’appuyer sur lui ! La prière de ta famille, de ton père, est également très bonne, tu as eu une chance extraordinaire d’être bien entourée ! Je pris pour ta famille et je la bénie, je suis sûre que vous touchez un bon nombre de monde et la Moisson est grande ! Que Dieu vous accompagne encore et toujours, que son Saint Esprit vous guide au mieux pour ces prochains temps !
    Hors sujet : Je suis actuellement dans une impasse par rapport à mon avenir professionnel, tout comme toi ma licence et mon premier choix n’était pas ce qui me fallait, j’attends la réponse de Dieu et ton témoignage m’encourage ! 🙂
    Tu seras une très bonne Éducatrice spé, j’en suis certaine ! Et surtout, tu pourras prier pour eux et cette jeunesse qui souffre et qui est si attaquée par Satan.
    Bonne continuation et merci encore pour ce témoignage !!

    Anaïs

    • Anaïs, ton commentaire me fait ééénormement plaisir !! Merci beaucoup pour tous ses encouragements qui me vont droit au coeur … quel plaisir de savoir qu’on a des frères et soeurs un peu partout !! 😀 Que Dieu te bénisse et qu’il te montre le chemin pour ta voie professionnelle, il a un plan pour toi ! (Jérémie 29.11)
      Encore merci tu as égayé ma soirée 🙂

      • Dans ma région, on est très peu de jeunes à posséder la foi, à être attachés à Dieu et ça fait du bien de lire qu’ailleurs, ça bouge, qu’on est pas seuls dans cette génération à vibrer pour Dieu ^^
        Je suis ravie d’avoir pu te faire plaisir ^^ Merci beaucoup pour l’encouragement !
        Bonne soirée 😉

  6. J’ai tout lit est tu est forte d’avoir surmonte cette obstacle moi ja fait de l’angoisse jai 13 ans je suis pas capable de coucher chez les autres et ni sortir de ma ville sans mes parents je perd des amis à cause de cela mais par exemples allez a l’école est facile mais quand j’entends le mot activité à lecole je fait une crise d’angoisse .ex:aller à Granby en autobus.jhabite à Farnham ses a 30 min et ses trop!😞

  7. Maeva,

    je te remercie beaucoup pour ton témoignage merveilleux..
    Je suis très heureuse de ce que le Seigneur à fait pour toi. Pour moi aussi Il a fait énormément, pour chacun Il fait tant.
    Il a tout accomplit, c’est merveilleux.

    Quelqu’un de très très proche à les même problèmes que tu avais et ton témoignage m’a tellement touchée et aussi fait penser à plusieurs personnes, en fait.
    Et j’ai pleuré en lisant ton vécus, j’espère vraiment que ces personnes (dont je parle ci-dessus) s’en sortirons grâce à Dieu et qu’elles Lui donneront leurs cœur, comme tu l’a fais…

    Merci encore Maeva, que Dieu te bénisse et bonne semaine 🙂 et bonne suite 🙂

    • Bonjour Cendrine et merci pour ton message. Que Dieu se révèle dans le coeur de ces personnes dont tu me parles. N’hésites pas à partager mon témoignage, parfois il ne suffit de pas grand chose pour provoquer un grand changement…
      Que Dieu te bénisse ! :-*

      • Bonjour et merci beaucoup Maëva, pour ta réponse 🙂
        Oui puisque tu le propose, je vais le leurs envoyer.
        J’hésitais un peu, puis n’ai plus trop eu le temps et maintenant, tu m’y fais repenser 🙂
        Merci beaucoup :-*

  8. merci maeva pour ton partage,sa m’a beaucoup touché,émue,j’aime lire les témoignages car sa nous rappel comme Dieu est grand,combien Il se préoccupe de chacune de nos vies,et ce qu’Il a fait dans la tienne est simplement un miracle,une délivrance total!
    c’est beau de voir nos vies transformées quand on la confie en Jésus!
    Il change les vies!!
    Quel beau parcours grace à Lui,mais merci de nous rappeler sa puissance.
    bonne continuation,sois bénie,renouvelllé,fortifié et remplis de l’amour de notre père céleste
    bises ma sœur en Christ

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